BIBLIOTOPIA: des rencontres littéraires, des lectures et un film

Du vendredi 20 au dimanche 22 novembre 2020

Pour sa 3e édition, BIBLIOTOPIA a invité à partager des histoires de famille avec des écrivain·es de tous horizons, à se plonger dans d’autres vies que la sienne, à arpenter les arcanes du passé où se conjuguent le réel et l’imaginaire, à explorer les héritages et les constructions à la fois identitaires et collectives.
Soit la famille dans tous ses états… littéraires !

Les archives des rendez-vous littéraires sont encore accessibles en ligne. Belles rencontres !

 

 

Rencontre croisée Elisa Shua Dusapin et Pascale Kramer
Identités individuelles et familiales : regards intimes

En français | Modération : Salomé Kiner,  journaliste et critique littéraire
Également en anglais | Interprétation : Starr Pirot et Frances Steinig-Huang

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Elisa Shua Dusapin, née en 1992 d’un père français et d’une mère sud-coréenne a grandi entre Paris, Séoul et le Jura suisse. Diplômée de l’Institut littéraire suisse de Bienne en 2014 et détentrice d’un Master ès Lettres de l’Université de Lausanne, elle se consacre entièrement, depuis quelques années, à l’écriture et aux arts de la scène. Son premier roman, Hiver à Sokcho, qui fera prochainement l’objet d’une pièce de théâtre, a reçu notamment en 2016 le Prix Robert Walser et le Prix Révélation de la Société des Gens de Lettres (SGDL) ; tandis que Les billes du Pachinko son deuxième texte, a obtenu le Prix suisse de littérature en 2019. Dernier ouvrage en date, Vladivostok circus, a été retenu pour la première sélection du Prix Femina 2020. Ses récits, tous publiés aux Éditions Zoé, nous emmènent tour à tour en Corée, au Japon et à l’extrémité orientale de la Russie, et interrogent l’identité, les origines ainsi que la complexité des relations familiales et humaines.

 

Pascale Kramer, née en 1961 à Genève et vivant aujourd’hui à Paris, est une romancière majeure de la littérature franco-suisse. Dans son œuvre, commencée en 1982 avec Variations sur une même scène (Éditions de l’Aire), l’auteure aime à regarder les chemins de vie accidentés, l’envers des décors familiaux, leurs secrets et dysfonctionnements. Son travail, traduit dans plusieurs langues, lui a valu de nombreuses distinctions : en 2005, elle remporte le Prix Schiller, le Prix Rambert ainsi que le Prix du roman de la Société des Gens de Lettres (SGDL) avec L’implacable brutalité du réveil (Éditions Zoé), qui thématise la maternité et son refus. Suivent notamment Un homme ébranlé (Mercure de France, 2011), Gloria et Autopsie d’un père (Flammarion, 2013 et 2016) tandis que son dernier roman, Une famille (Flammarion, 2018), montre les difficultés et les bouleversements d’une famille à travers l’alcoolisme de l’un de ses membres. Le Grand Prix suisse de littérature 2017 lui est décerné pour l’ensemble de son œuvre. Elle a cocréé et dirige le festival de films documentaires consacré aux droits des enfants : « Enfances dans le monde ».

 

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Entretien avec Jennifer Croft
Histoire d’adolescence : liens entre sœurs à l’épreuve de la maladie

Modération : Matthew Wake, libraire chez Books Books Books
En anglais

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Nota Bene : suite à un problème technique, nous avons remplacé les images de cette rencontre par des photographies. Belle écoute !

Jennifer Croft est une écrivaine et critique américaine, également traductrice du polonais, de l’ukrainien et de l’espagnol vers l’anglais. Elle a grandi en Oklahoma et vit aujourd’hui entre Los Angeles et Buenos Aires. Elle détient un doctorat en littérature comparée de l’Université de Northwestern ainsi qu’un Master en traduction littéraire de l’Université de l’Iowa. En 2018, sa traduction Flights (Fitzcarraldo, 2017) de l’auteure polonaise Olga Tokarczuk sacrée Prix Nobel de littérature, obtient le Man Booker International Prize. Elle traduit actuellement de la même auteure The Books of Jacob (Fitzcarraldo, à paraître en 2022). En 2019, elle publie son premier roman Homesick : A Memoir (The Unnamed Press), le récit d’une adolescence en Oklahoma qui allie photographies et narration, écrit à la fois en anglais et en espagnol. Jennifer Croft y aborde les liens forts avec sa sœur, atteinte d’une tumeur au cerveau, et son intérêt pour les mots, qui la fascinent très tôt.

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Entretien avec Kaouther Adimi
D’une génération à l’autre, rébellion et quête de liberté

Modération : Oriane Jeancourt Galignani, écrivaine et rédactrice en cheffe de Transfuge
En français

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Kaouther Adimi, née à Alger en 1986, quitte l’Algérie une première fois à l’âge de quatre ans avec ses parents pour Grenoble, en France, avant d’y revenir pour ses études. À vingt-trois ans, elle déménage à Paris, où elle vit et travaille encore aujourd’hui. Dans ses écrits, elle porte un regard critique sur l’histoire contemporaine de son pays d’origine, en mettant en scène les révoltes de la jeune génération algérienne, qui passent par un refus des codes sociaux et familiaux. Son premier roman, L’envers des autres (Actes Sud, 2011, Prix de la vocation, également édité aux éditions Barzakh en Algérie), narre l’enfermement de la jeunesse algérienne dans les conformités sociales ; tandis que Des pierres dans ma poche (Barzakh, 2015 ; Seuil, 2016) tisse le portrait d’une jeune femme entre Paris et Alger, en équilibre doux-amer entre traditions et émancipation. En 2017, elle connaît un large succès avec Nos richesses (Seuil), qui remporte notamment le Prix Renaudot des lycéens. Son dernier récit en date, Les petits de Décembre (Seuil, 2019), s’intéresse à la rébellion d’un groupe de jeunes face au système gouvernemental algérien et à la résignation de leurs parents.

 

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Les échos de Bibliotopia: lectures à voix haute par des étudiant·es comédien·nes de La Manufacture

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Bénédicte Amsler, Délia Antonio, Emeric Cheseaux et Arcadi Radeff, étudiant·es comédien·nes de La Manufacture – Haute école des arts de la scène de Lausanne, participent à une mise en lecture de textes des écrivain·es de Bibliotopia 2020.

Mise en lecture avec la collaboration de René Zahnd, dramaturge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Film My Nazi Legacy avec une introduction de Philippe Sands

REGARDER EN LIGNE L’INTRODUCTION DE PHILIPPE SANDS >

REGARDER EN LIGNE LE FILM (en anglais non-sous-titré) >
Visible jusqu’au 23 novembre 23h uniquement

 

Philippe Sands, avocat des droits de l’homme et écrivain, part à la rencontre Niklas Frank, fils de Hans Frank, gouverneur nazi de la Pologne occupée et de Horst von Wächter, fils d’Otto von Wächter, général SS et gouverneur nazi de la Galicie, en Ukraine. Dans ce documentaire, deux perceptions de l’Histoire se manifestent : celle de Niklas, qui pose un regard critique et lucide sur la culpabilité de son père et celle d’Horst, qui, à l’inverse, ne reconnaît pas l’implication d’Otto von Wächter dans des crimes antisémites. Philippe Sands, d’autant plus impliqué dans cette affaire que sa propre arrière-grand-mère a été envoyée à la mort par Otto von Wächter, tente, à l’aide d’archives, de faire revenir son fils sur ses convictions. Réalisé à partir des documents compilés pendant l’écriture de l’ouvrage La filière, ce film explore les conflits intérieurs de ces trois hommes face à leur généalogie, et la difficile interprétation des faits historiques.

Réalisateur: David Evans ; scénariste : Philippe Sands ; productrices : Finola Dwyer, Amanda Posey ; producteurs exécutifs : Philippe Sands, David Evans, Nick Fraser, Wildgaze films, Royaume-Uni, 90 minutes, 2015.

 

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Rencontre croisée Anna Bikont et Philippe Sands
Les crimes de nos pères : du difficile héritage au travail de mémoire

En français | Modération : Salomé Kiner,  journaliste et critique littéraire
Également en anglais | Interprétation : Starr Pirot et Frances Steinig-Huang

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Anna Bikont, née en 1954 à Varsovie, est une journaliste et essayiste polonaise. Psychologue de formation, elle s’engage pendant ses études auprès du syndicat Solidarność (Solidarité), qui s’oppose au régime de la République populaire de Pologne. De 1981 à 1989, elle occupe le poste de rédactrice en chef de l’hebdomadaire clandestin Tygodnik Mazowsze. Elle participe à la fondation, en 1989, du premier quotidien indépendant de l’Europe post-communiste, Gazeta Wyborcza, où elle est encore aujourd’hui grand reporter. Ses origines juives, tues par sa famille, ne lui sont révélées, à la faveur d’un hasard, qu’à l’âge de trente-trois ans. Son livre Le crime et le silence : Jedwabne 1941, la mémoire d’un progrom dans la Pologne d’aujourd’hui (Denoël, 2011) revient sur l’histoire des juifs de Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement sur un crime antisémite longtemps attribué aux nazis mais perpétré par des Polonais, qui a vu mourir la quasi-totalité des juifs du village de Jedwabne. Ce récit, enquête mémorielle, a obtenu en 2011 le Prix du Livre européen et a été traduit dans de nombreuses langues.

 

Philippe Sands, né en 1960, est un écrivain franco-anglais, également avocat, éminent spécialiste du droit international. Mandaté dans le cadre de dossiers tels Pinochet, le Congo, l’ex-Yougoslavie, le Rwanda, l’Irak ou Guantanamo, il intervient notamment à la Cour européenne des droits de l’homme et à la Cour pénale internationale. Il est aussi professeur de droit à l’University College de Londres et président de l’English Pen Club, la branche anglaise de l’association internationale d’écrivains pour la défense de la liberté d’expression. S’attachant aux rapports entre la grande et la petite histoire, notamment durant la Seconde Guerre mondiale, son travail d’écriture offre une puissante réflexion sur la justice et la mémoire. Croisant son histoire personnelle, le procès de Nuremberg, les fondements des notions de « crime contre l’humanité » et de « génocide », Retour à Lemberg (Albin Michel, 2017) lui vaut de nombreuses distinctions, dont le Prix Baillie Gifford et le Prix Montaigne. La filière (Albin Michel, 2020) enquête sur les traces d’un dignitaire nazi, des sphères du pouvoir à la fuite après-guerre, de sa vie secrète à ses liens avec ses descendants. Des recherches réalisées à l’occasion de ce livre a été tiré un film : My Nazi Legacy (2015).

 


Photos : Adimi Kaouther © Sacha Lenormand |Anna Bikont © Mateusz Skwarczek Agencja Gazeta | Jennifer Croft © D.R | Elisa Shua Dusapin © Romain Guélat  | Pascale Kramer © D.R | Philippe Sands © Antonio Olmos | Bénédicte Amsler, Délia Antonio, Emeric Cheseaux et Arcadi Radeff © Théo Héritier