Rencontre avec Lyonel Trouillot autour de son roman « Kannjawou »

Vendredi 18 mars 2016 à 19 h

Né en 1956 dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où il vit actuellement, Lyonel Trouillot est un journaliste, essayiste, romancier et poète d’expressions française et créole, également professeur de littérature. Il est l’auteur entre autres des romans Bicentenaire (2004, Prix des auditeurs de la Radio Télévision suisse), L’amour avant que j’oublie (2007), Yanvalou pour Charlie (2009, Prix Wepler), Parabole du failli (2013), Kannjawou (2016), ainsi que de poèmes dont nombre sont réunis dans l’anthologie C’est avec mains qu’on fait chansons (2015). Cet acteur engagé de la scène francophone mondiale porte haut dans ses écrits le combat qu’il mène pour la démocratie dans son pays, avec la parole poétique comme rempart à la violence et au désespoir.

Titre de son dixième roman, kannjawou désigne en langue créole la fête et le partage : un rêve pourtant sans lumière pour Haïti aujourd’hui, un pays où l’occupation militaire comme humanitaire a dépossédé les habitants de leur avenir. Un pays d’inégalités criantes où le souci de survivre étouffe tout possible projet collectif. Ironiquement, significativement dans le roman éponyme, Kannjawou est aussi un bar où se croisent Haïtiens nantis et expatriés de passage, qui s’y étourdissent pour oublier une misère qu’ils côtoient mais qui n’est pas la leur. Au cœur de cette réalité désenchantée, depuis son bord de trottoir d’un quartier pauvre, le narrateur observe, philosophe, médite et témoigne. Telle une « sentinelle des pas perdus », il tient la chronique de la rue de l’Enterrement, questionnant « les âges et les itinéraires », les trajectoires de vie et leurs raisons d’être. Ainsi cheminent son frère Popol, Joëlle, Sophonie et Wodné, ses amis d’enfance devenus de jeunes adultes aux idéaux effrités, le « petit professeur » réfugié dans les livres, et la doyenne « man Jeanne » qui distille d’ancestrales sagesses.

La langue flamboyante de Lyonel Trouillot imprime sa beauté à ce roman comme un long cri de colère et d’amour pour un peuple en quête de souveraineté.


Entrée CHF 10.-, sur réservation : trouillot@fondation-janmichalski.ch

Animée par Marion Graf, traductrice et critique littéraire

En collaboration avec Saute-frontière Maison de la poésie transjurassienne et La Revue de Belles-Lettres, dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la francophonie, et du Printemps de la poésie en Suisse


Photo © Marc Melki

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