Rencontre littéraire avec Martín Caparrós pour son essai «La faim»

Dimanche 9 octobre 2016 à 16 h

Né à Buenos Aires en 1957, Martín Caparrós est un journaliste, traducteur et écrivain argentin. La dictature le contraint à l’exil en 1976, à Paris d’abord où il étudie l’histoire, puis à Madrid en 1983. Il vit actuellement entre l’Espagne et l’Argentine. Figure intellectuelle de renom, il est l’auteur d’une vingtaine de romans et d’essais, dont trois sont traduits en français : Valfierno (2008), Living (2014, Prix Herralde) et La faim (2015). Actuellement en traduction, son prochain roman A quien corresponda (A qui de droit, titre provisoire) livrera, à partir du meurtre d’un prêtre dans un village perdu, une implacable autopsie des années les plus dures de la dictature argentine. Sa parution est prévue au printemps 2017.

Dans son ouvrage La faimMartín Caparrós mène une enquête en profondeur sur un sujet que la société occidentale croit trop souvent, à tort, connaître mais qui demeure un des scandales les plus violents de notre époque. Au sein d’un monde produisant suffisamment pour nourrir la totalité de ses habitants, alors que les échanges commerciaux sont florissants et que nombre de pays vivent en régime de surproduction alimentaire, 800 millions de personnes souffrent en effet de malnutrition, et 25 000 personnes meurent chaque jour de ses conséquences directes ou indirectes.

Prenant ses distances avec tout apitoiement déplacé pour poser un autre regard sur ce drame, Martín Caparrós est parti à la rencontre d’hommes et de femmes qui souffrent de la faim, du Niger au Bangladesh, du Soudan du Sud à Madagascar, des Etats-Unis à l’Argentine, de l’Inde à l’Espagne, soit près de trois ans de pérégrinations autour du monde avant d’écrire La faim. 

A la fois chronique de vies au souffle littéraire, grand reportage mêlé d’essai, l’ouvrage ne se contente pas de recueillir des histoires pour elles-mêmes mais replace les récits dans des contextes qui permettent de les comprendre, imbriquant données et analyses, points de vue de ceux qui subissent la faim et points de vue de ceux qui contribuent à la produire.

Huit cents pages brillantes qui mettent à distance d’une culpabilité stérile car paralysante, et rapprochent pourtant d’une possible conscience active.


Rencontre en français, animée par Darius Rochebin

Entrée CHF 10.- │ Sur réservation à caparros@fondation-janmichalski.ch


 

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