Spectacle «Et pourquoi moi je dois parler comme toi ?» (textes d’Art brut) par Anouk Grinberg et Nicolas Repac

Vendredi 27 octobre 2017 à 19h

Si l’on connaît de l’Art brut la peinture, la sculpture, des installations géniales, on connaît moins les « textes bruts ». Il s’agit d’écrits d’hommes et de femmes que leur famille ou la société avaient enfermés : quelques-uns étaient malades, d’autres étaient juste bizarres, et ont passé des années, parfois leurs vies entières, dans des asiles sans en comprendre les raisons. Mis hors du monde, ils voulaient qu’on ne les oublie pas, ils parlaient alors « par-dessus le mur », envoyant à leurs proches ou aux directeurs des institutions des lettres, des supplications, des poèmes, des signes stridents de vie, qui n’ont le plus souvent daignés être lus par leurs destinataires.

Or ces textes sont du pur art. Du pur « jus de vivre ». A leur origine, une écriture portée par la seule nécessité, vitale, de respirer, échapper, inventer, faire face. En même temps que l’humanité empêchée, gâchée, s’y lit l’humanité à l’état pur, l’envie de vivre à l’état pur. Confondants de tendresse, de rage, d’amour, de drôlerie, pleins d’innocence à en pleuvoir, ils font résonner quelque chose de notre condition humaine que l’on entend vibrer comme jamais. C’est l’art à la naissance de l’art, l’art à l’état brut.

Dans le spectacle Et pourquoi moi je dois parler comme toi ?, plusieurs écrits essentiels d’auteurs d’Art brut sont réunis, sortis du ghetto de la folie, pour être donnés à entendre par la comédienne Anouk Grinberg, accompagnés des musiques originales de Nicolas Repac.

Et le spectacle ne décide pas s’il faut pleurer ou rire devant ces frères de misère, si cocasses et déchirants. Il penche vers la fraternité.


Entrée CHF 20.- (plein tarif), CHF 15.- (retraités, chômeurs, AI), CHF 10.- (étudiants) | Sur réservation à grinberg@fondation-janmichalski.ch


Lecture Anouk Grinberg

Musique Nicolas Repac

Collaboration artistique Anne Kessler

Production Les Visiteurs du Soir


Anouk Grinberg, fille du dramaturge Michel Vinaver, née en 1963, est une actrice française, également peintre et dessinatrice. Sa carrière au théâtre, commencée à 13 ans, est rapidement marquée par de grands rôles, notamment sous la direction d’Alain Françon, Patrice Chéreau, Didier Bezace, ou encore Jean-Louis Martinelli qui lui confie le rôle de la putain dans l’adaptation de La maman et la putain de Jean Eustache ; rôles qui lui valent de nombreux prix et nominations aux Molières.
Sa carrière cinématographique est aussi riche d’une constellation de rôles fameux dans des films tels que Merci la vie de Bertrand Blier (Prix SACD Suzanne Bianchetti, Prix Arletty, Prix Michel Simon), Un, deux, trois, soleil et Mon homme (Prix d’interprétation féminine au Festival de Berlin), toujours de Bertrand Blier, Un héros très discret de Jacques Audiard…
Revenant régulièrement aux lectures publiques et contes pour enfants, Anouk Grinberg a en outre conçu un spectacle-lecture à partir des lettres de Rosa Luxemburg Rosa, la vie, et travaillé à la création de Molly Bloom, d’après Ulysse de James Joyce, avec la complicité de Blandine Masson et Marc Paquien.

Nicolas Repac est tout à la fois guitariste, compositeur, arrangeur et producteur. Complice d’Arthur H depuis plus de quinze ans, Repac a participé à plusieurs de ses albums, dont L’Or noir, ainsi qu’à Yelema, l’album phare de Mamani Keïta. Outre ses collaborations avec d’autres artistes, Nicolas Repac, passé maître dans l’art subtil des samples et de leurs associations libres, développe un travail musical propre, depuis son premier disque solo, La Vile, en 1997. Swing Swing, en 2004, propose une magistrale et ludique divagation autour du jazz. Suivent, en 2007, un troisième album solo, La grande roue, et, en 2012, Black Box, voyage musical revisitant cette fois le blues dans tous ses états, éloge moderne à la musique noire.

Anne Kessler est une actrice sociétaire de la Comédie-Française, également metteur en scène de théâtre, avec notamment Les fleurs d’Algernon d’après Daniel Keyes ou récemment La ronde d’Arthur Schnitzler.

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