Rencontre littéraire avec Atiq Rahimi – IN FRENCH

Sunday 30 June 2019 at 6.30pm

Atiq Rahimi est né en 1962 à Kaboul, en Afghanistan, il vit et travaille aujourd’hui à Paris. Après des études au lycée franco-afghan Estiqlal de Kaboul, puis à l’université en section littérature, il quitte son pays pour le Pakistan en 1984, du fait de la guerre, et obtient l’asile politique en France où il passe un doctorat en communication audiovisuelle à la Sorbonne.
Son parcours conjugue littérature et cinéma. Auteur de trois romans traduits de l’afghan – Terre et cendres (2000), Les mille maisons du rêve et de la terreur (2002) et Le retour imaginaire (2005) chez P.O.L, il connaît la notoriété auprès du grand public en 2008, lorsque le Prix Goncourt est attribué à son premier ouvrage écrit en français, Syngué sabour, huis clos bouleversant entre un soldat afghan dans le coma et son épouse. Suivront d’autres titres, dont Maudit soit Dostoïevski (P.O.L, 2011). Il a par ailleurs adapté plusieurs de ses livres à l’écran, mais aussi récemment Notre-Dame du Nil de Scholastique Mukasonga sur le génocide rwandais.
Figure marquante de la scène culturelle, Atiq Rahimi traite avec force de thèmes majeurs en ce début de XXIe siècle : l’exil, le déchirement entre deux cultures, les « sales » guerres qui blessent le monde.

Son dernier roman, Les porteurs d’eau (P.O.L, 2019), se déroule en mars 2001, sur fond de destruction des Bouddhas de Bâmiyân, ces immenses statues, plus que millénaires, anéanties par la fureur obscurantiste. Atiq Rahimi situe là les destins croisés de deux Afghans : l’un, Tom (en réalité Tamim), se trouve à Paris depuis si longtemps qu’il cherche parfois à renier ses racines, l’autre, Yûsef, vit à Kaboul sous la menace permanente des 97 coups de fouets que les Talibans peuvent administrer au moindre écart de conduite. Tous deux ont des rêves d’amour absolu. Tom quitte femme et enfant pour se lancer à la poursuite d’une chimère à Amsterdam et sera initié à d’étranges arcanes. Yûsef se consume de passion pour sa belle-sœur et se perd dans les codes de la tradition, avant de connaître une forme de révélation hallucinée. Leur vie bascule brutalement, comme si la possibilité de vivre l’amour, ou peut-être même de vivre tout court, avait explosé avec les Bouddhas : leur sourire n’est plus que poussière suspendue dans les airs.


Rencontre en français, modérée par Oriane Jeancourt Galignani, rédactrice en chef de Transfuge
Entrée CHF 10.-
Sur réservation à rahimi@fondation-janmichalski.ch

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