Rencontre graphique avec Zeina Abirached «Prendre refuge»

Saturday 12 September 2020 at 6.30pm

L’illustratrice et auteure de bandes dessinées, Zeina Abirached, née à Beyrouth en 1981, a passé son enfance dans une maison située sur la « ligne verte », démarcation qui coupait en deux la capitale libanaise pendant de la guerre civile. Après des études de graphisme au Liban, puis à l’École nationale des arts décoratifs de Paris, elle réalise un premier album, ou récit graphique, [Beyrouth] Catharsis, publié aux éditions Cambourakis en 2006. Suivent chez le même éditeur, comme autant de variations autobiographiques sensibles sur l’enfance et le quotidien dans un Beyrouth à la fois intime et violent, terrain de jeu et terrain de guerre : 38 rue Youssef Semaani (2006) et Mourir partir revenir. Le jeu des hirondelles (2007), qui connaît un important succès public et critique, de sa sélection officielle au Festival d’Angoulême à sa traduction en douze langues. Paraissent ensuite Je me souviens. Beyrouth (2008), Agatha de Beyrouth (2011) avec le poète oulipien Jacques Jouet, et un premier album jeunesse où apparaît la couleur, Mouton (2012), puis chez Casterman Le piano oriental (2015) et Prendre refuge (2018), en collaboration avec l’écrivain Mathias Énard. Elle a également participé à divers projets collectifs, dont récemment On a mangé sur une île (Delcourt, 2019) avec Baru, Fred Bernard et Étienne Davodeau.

Avec le roman graphique Prendre refuge, ce sont d’abord deux écritures qui s’entremêlent : l’écriture romanesque de l’écrivain passeur d’Orient Mathias Énard, et l’écriture visuelle de la dessinatrice Zeina Abirached au langage noir-blanc construit de lignes et motifs épurés.

Ces deux alphabets s’allient pour raconter deux histoires à deux époques complexes : à Bâmiyân, Afghanistan, en 1939, l’aventurière et écrivaine suisse Annemarie Schwarzenbach s’éprend d’une archéologue, une nuit, aux pieds des bouddhas en apparence éternels, alors que la Seconde Guerre mondiale éclate ; à Berlin, en 2016, Karsten, un jeune architecte allemand, tombe amoureux de Neyla qui, fuyant une Syrie plongée en plein chaos, tente un refuge en Europe.

Prendre refuge  explore les territoires du désir et de l’altérité, du possible et de l’impossible, offrant un paysage poétique aussi beau qu’éphémère, comme un point de bascule entre deux états intérieurs, entre deux états du monde…


Entrée CHF 10.-
Sur réservation à rencontre12@fondation-janmichalski.ch